INTRODUCTION AUX PLANTES D'AQUARIUM (UN SURVOL)

Par Christian Drouin , collaborateur
 

Cet article s’adresse à l’aquariophile ayant acquis une expérience de base avec les cichlidés et voulant relever le défi d’intégrer, avec succès, des plantes dans son aquarium.  Contrairement à la croyance populaire, il est possible de garder des plantes en présence de cichlidés africains.  Les plantes, en plus d’ajouter beauté et contraste, consomment les nitrates (NO3), fournissent de l’oxygène, favorisent l’adoption de comportements naturels chez les poissons et leur procurent aussi des cachettes additionnelles.  Cet article se veut le point de départ, un guide sans prétention, pour l’amateur voulant se lancer dans les plantes d’aquarium.  L’essentiel y est abordé ; et pour les détails relatifs aux différents sujets approchés, des références en fin d’article ainsi que le forum de Québec-Cichlidés pourront apporter des précisions.



Comme les plantes terrestres, les principaux facteurs influençant la croissance des plantes d’aquarium sont la lumière, le substrat, la température ambiante et l’apport en nutriments.  D’ailleurs, les plantes dites « d’aquarium »  sont dans la majorité des cas des plantes qui vivent émergées de l’eau en bordure des lacs, rivières et marécages.  Par exemple, les genres Anubia et Cryptocorine en font partie.  En période de crues des eaux, ces dernières seront alors immergées.  Elles s’adapteront à leur environnement aquatique par des changements de morphologie : feuilles de formes différentes, plus minces et tiges plus délicates.   À ce moment, d’autres paramètres viendront influencer la croissance des plantes : le pH, la dureté (GH) de l’eau, ainsi que l’oxygène et le CO2 dissous.  Il existe bien sûr des plantes purement aquatiques, les genres Vallineria et Nymphaea en sont de bons exemples.




L’Éclairage

Le premier point à considérer est l’éclairage.  Même si certaines plantes ne demandent pas un éclairage intense, le bon spectre lumineux devrait être fourni.  Le spectre « visible », ou encore lumière « blanche », contient toutes les couleurs du spectre (violet à rouge).  Cette lumière est localisée dans les régions de 380 à 780 nm.  Les plantes absorbent les longueurs d’onde de 450 et 680 nm, correspondantes respectivement au bleu et rouge du spectre visible. 



Plusieurs choix de lumière émettant dans ces longueurs d’onde sont commercialisés.  Souvent le choix le plus avantageux et économique sera l’achat de fluorescents, par exemple : Aqua-Glo et Flora-Glo de Hagen.   En second lieux, la quantité de lumière fournie/durée d’éclairage varieront en fonction des espèces introduites dans le bac.  En général, on parlera de 1 watt pour 2 litres.  Par exemple 2 fluorescents de 20 watts pour un aquarium de 80 L (environ 20 gallons US).   Cette règle est bonne pour les aquariums bien plantés et d’une hauteur de moins de 50 cm (20’’).  En effet, pour un aquarium qui ne comporterait que des plantes demandant peu de lumière, on pourrait facilement diviser par 2 l’intensité de l’éclairage.  De plus, il faut savoir qu’à 40 cm de profondeur, il y a une perte d’intensité de 69%, d’où l’importance de considérer la hauteur du bac.  Pour un bac plus haut que 50 cm, d’autres types d’éclairage tel que les lampes au « metal halide » répondent mieux au besoin, car le rayonnement pénètre plus profondément.  Finalement, une durée d’éclairage de 10 à 14 heures répondra bien au besoin des plantes dans la majorité des cas.


Le substrat

    Par la suite, on doit prêter attention à la sélection du substrat.  Celui-ci a pour rôle de fixer les plantes, d’assurer la formation de leurs racines et de permettre l’assimilation des substances nutritives.  Pour que ces rôles soient bien remplis, certains facteurs devraient être respectés.  Le volume des pores (espaces entre les grains) devrait être suffisamment grand pour permettre une bonne aération, un mouvement d’eau à travers le sol et permettre aux racines de pénétrer facilement.  Par exemple, une granulométrie de 2-5 mm et une épaisseur de 5-8 cm seront souvent suffisantes/idéales.  Ce faisant, on garantira un échange optimal des nutriments entre les plantes et le sol.  Ces nutriments proviendront des substances en dégradation (restes de nourriture des poissons et leurs excréments) et de tablettes de fertilisant qu’on pourra insérer sur une base régulière, hebdomadaire ou mensuelle, selon le type d’engrais sélectionné.  Enfin, le substrat nécessitera aussi d’être neutre ou encore légèrement acide (pH < 7.0).  Seulement un petit nombre de plantes réagit bien au substrat alcalin (pH > 7.0).  C’est le cas des genres Cryptocorine et Valisneria. 


Les paramètres physico-chimiques

    Les paramètres physico-chimiques de l’eau sont aussi importants : pH, GH et température.  Dans la plupart des cas, ce sont les valeurs moyennes qui seront les plus favorables.  La valeur pour la dureté (GH) pourra varier entre 5 et 13 dh (degré allemand).  Pour ce qui est du pH, des valeurs de 6.5 à 7.2 conviendront à la plupart des espèces.  Dans le cas de bacs pour cichlidés africains, le pH et la dureté dépassent souvent ces valeurs moyennes, le nombre d’espèces possible à introduire sera donc limité.  En ce qui à trait à la température, 24 à 28ºC est acceptable pour la majorité des plantes.  L’article de Martin, La chimie de l’eau-Que devons-nous savoir?, peut aussi s’avérer utile à lire pour mieux comprendre ces paramètres…


Les nutriments

    Enfin, l’apport de nutriments sera essentiel pour soutenir la croissance des plantes.  Quand on parle de nutriments essentiels, il faut différencier le macroélément et les oligo-éléments.  Les macroéléments sont l’azote (N), et le potassium (K); et ils sont les éléments utilisés en plus grande quantité par les plantes.



Les oligo-éléments, sont aussi nécessaires pour une bonne croissance, mais sont requis en beaucoup plus faible concentration.  On les retrouve à l’état de trace.  Les plus importants sont  le souffre, le calcium, le phosphore, le magnésium et le fer.  En contraste avec l’eau des habitats naturels, l’eau du robinet ne contiendra pas plusieurs des éléments essentiels pour les plantes.  Par contre, le souffre, le calcium et le magnésium se retrouvent souvent dans l’eau du robinet.  De ce fait, l’importance des changements de 25% par semaine sera justifiée.  Ces changements d’eau seront aussi bénéfiques pour les poissons.  De plus, un bac bien conditionné qui contient des poissons pourra souvent fournir des quantités appréciables d’azote et phosphore (provenant des matières en décomposition). 

Lorsque les apports d’engrais sont utilisés à bon escient et selon des doses bien précises, ils favoriseront la croissance des plantes.  L’apport en fer joue un rôle déterminant.  En quantité suffisante, il permettra le développement de feuilles vertes foncées et à croissance rapide.   Des feuilles jaunes et chlorotiques (points jaunâtres/brunâtres) seront symptomatiques d’un manque de fer.  La concentration de fer devrait en principe être inférieure à 0.2 mg/mL.   Plusieurs produits sont disponibles sur le marché.  Par exemple, on peut facilement trouver dans la plupart des magasins spécialisés le PlantGro enrichi de fer de Hagen ou encore le Flourish Iron de Seachem.  Ces mêmes compagnies font aussi des engrais complets pour plantes qui comportent les macro et micronutriments. 


Ce qui est bon de savoir…

Ce qui est important de retenir, c’est que les besoins en engrais seront différents pour chaque aquarium selon : les paramètres physico-chimiques, les espèces de plantes ainsi que la quantité de plantes introduites.  Il faut ajuster les dosages en fonction de ceux-ci.  En effet, les dosages recommandés par les fabricants sont souvent excessifs, car conçus pour des aquariums très plantés et maintenus dans des conditions de croissance optimale.  À cet effet, des tests de nitrates, de phosphore (phosphate) et de fer s’avèrent très utiles au départ de l’aquarium dans l’établissement du dosage optimal et tout au long de l’évolution du bac planté.  Une fois de plus, Hagen comporte une ligne complète de tous les tests nécessaires.

Il faut aussi comprendre que la quantité d’engrais dans l’eau devrait être maintenue au minimum suffisant pour assurer une croissance saine des plantes.   On aidera ainsi à éviter l’apparition d’algues en quantité incontrôlable, ce qui est souvent observé lorsque les nutriments sont présents en quantité excessive (voir aussi l’article Les Algues, de Martin).  C’est un équilibre très important à maintenir.  Quand c’est possible, un truc est d’utiliser des tablettes d’engrais (Hagen et Seachem en produisent) qu’on enfouit dans le substrat plutôt que des engrais liquides.  Ces tablettes ne seront alors accessibles qu’aux plantes et ainsi on évitera aux algues d’y accéder.    Ceci est encore plus vrai pour un bac de cichlidés africains planté.  En effet, les plantes convenant à ce type de bac sont pour la plupart des plantes à croissance lente dont les besoins en engrais sont plutôt limités : Anubia, Cryptocorine et Microsorum.




En conclusion

En terminant,  il ne faut pas avoir peur d’approfondir et surtout il faut bien s’informer sur les besoins des plantes afin d’être prêt avant d’en faire l’achat.  Cet article a fait un survol des points importants sur lesquels il faut s’attarder pour maintenir de belles plantes :  l’éclairage, le substrat, les paramètres physico-chimiques de l’eau et les nutriments.  De plus, voici un tableau (ci-dessous) des caractéristiques des plantes recommandables pour les bacs de cichlidés africains.  J’espère que cet article pourra vous orienter dans vos débuts avec les plantes.  Je compte bien en écrire d’autres pour creuser chacun des sujets abordés et donner plus de trucs…  En attendant que dire d’autre que : bonne chance !


Genre

 pH

GH (dh)

Éclairage

 T (ºC)

 Croissance

 Remarques

 

Anubia

 

 

7-8

 

Doux à très

Dur

 

 

Faible à moyen

 

22-28

 

Lente

N’est pas mangé par les poissons herbivores

 

Crinum

 

5.5-8

 

Doux à très dur

 

 

Faible à élevé

 

22-28

 

Moyenne

À besoin d’une hauteur d’eau de 50 cm, convient aux grandes aquariums

 

Cryptocorine

 

5.5-8

 

Doux à dur

 

 

Faible à moyen

 

22-28

 

Lente à moyenne

 

 

----

 

Microsorium

 

5.5-8

 

Doux à très dur

 

 

Faible

 

20-28

 

Lente

 

----

 

Nymphaea

 

5.5-8

 

Doux à dur

 

 

Moyen à élevé

 

22-28

 

Moyenne

Convient aux grands aquariums (50 gallons et plus)

 

Vallineria

 

5.5-8.5

 

Moyen à dur

 

Faible à élevé

 

22-28

 

Moyenne à rapide

Pousse mieux en milieu alcalin et en eau dure



 Dureté (GH) :  douce = 3-8 dh, moyenne 9-13 dh, dure 14-20 dh et très dure > 20 dh.


Rérérences :

Kasselamann, Kristel; 2003; Aquarium Plants; 2003; Kreiger Publishing Company; p.1-505.

Riehl, Rudiger; Baensch Hans A.;2001; Atlas de l’aquarium; volume 1;p.1-147.

www.tropica.com

 

Pour vous renseigner sur les plantes,
visitez la section "Plantes Aquatiques" du forum

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