L'aquarium hôpital

Par Christian Drouin*
Collaborateur de Québec Cichlidés
 
Il y a plusieurs raisons justifiant l’utilisation d’un aquarium-hôpital au lieu de traiter l’aquarium principal :

1) Dans bien des cas, la médication est nocive et tue les bonnes bactéries du cycle biologique. Dans le pire des cas, il peut arriver qu’on doive tout recommencer du début et établir à nouveau le cycle biologique. En conséquence, la mort de certaines espèces de poissons plus fragiles peut se produire.

2) Il est plus économique de traiter un petit aquarium (5-10 gallons) plutôt que de traiter l’aquarium principal.

3) En traitant les poissons dans l’aquarium principal, on traite du même coup les poissons en santé. La médication peut parfois avoir des effets secondaires. On devrait donc l’éviter pour les poissons en santé.

4) Les poissons malades ont tendance à se cacher. Un aquarium séparé et plus petit permet de contrôler et surveiller la condition, le progrès et la guérison des poissons.

Un aquarium de 5-10 gallons est suffisant dans la plupart des cas. Dans l’article qui suit, vous trouverez les étapes et marche à suivre concernant l’installation et l’entretien d’un aquarium-hôpital. De plus, vous trouverez à la fin une section sur l’aquarium de quarantaine, pour les poissons récemment achetés. Enfin, la dernière section aborde l’isoloir, utile lors de problème autres que ceux causés par des infections contagieuses.


Installation de l’aquarium-hôpital :

1) Installer, si possible, l’aquarium-hôpital près de l’aquarium principal et la remplir avec l’eau de l’aquarium principal.

1) La pierre à aire à installer pourra être reliée à la pompe de l’aquarium principale. L’oxygénation est importante, car certains médicaments retirent l’oxygène de l’eau et les poissons malades ont souvent de la difficulté à respirer. Le chauffe-eau quant à lui sera placé au centre de l’aquarium afin d’assurer la distribution égale de la chaleur. La température de l’eau pourra être augmentée si recommandé suivant le diagnostic de la maladie et le médicament utilisé.

2) Inclure une cachette, tel un pot de terre cuite dont la taille sera adaptée à celle du poisson.

3) Ajouter la médication selon les recommandations du fabricant.

4) Une fois que le poisson malade aura été ajouté à l’aquarium, il faut garder celle-ci dans l’obscurité pour plusieurs raisons. En effet, certains médicaments sont sensibles à la lumière et par conséquence peuvent perdre de leur efficacité. De plus, un poisson dans l’obscurité sera moins stressé qu’un poisson exposé à la lumière. Enfin, certaines maladies ont besoin de lumière pour survivre.


Marche à suivre lors du traitement des poissons :

1) Certains poissons malades mangent très peu, alors que d’autres ne mangent pas du tout. Afin d’éviter que l’eau de l’aquarium se retrouve très polluée rapidement, le 1er jour ne nourrissez pas le poisson. Par la suite, on nourrira en utilisant la moitié de la portion normalement mangée.

2) Observer le poisson tous les jours et noter les signes d’amélioration, de détérioration ainsi que les symptômes.

3) Dans le cas d’effet secondaire du poisson à la médication, siphonner rapidement le maximum d’eau. Remplir avec de l’eau de l’aquarium principal. Répéter 2 autres fois afin d’éliminer la médication au maximum. Essayer un autre traitement.

4) Prendre le taux d’ammoniaque tous les jours. Celui-ci peut monter rapidement, surtout si le poisson traité est gros. Si le taux d’ammoniaque est élevé, changer 100% de l’eau.


Changement d’eau :

1) Débrancher le chauffe-eau.
2) Utilisant un siphon, changer 50% de l’eau en prenant soin d’aspirer en même temps les restes de nourriture et les excréments.
3) Remplacer l’eau avec celle de l’aquarium principal. Ajouter de la médication avec la moitié de la dose recommandée.
4) Si une des conditions suivantes se présente, un changement d’eau complet est requis :


a) Taux d’ammoniaque élevé
b) Tétracycline ou vert de malachite utilisé pendant le traitement. La durée de vie de ces médicaments est de 24 à 48 hrs.
c) Cuivre utilisé. Le taux doit être maintenu à 0.25 ppm pour rester efficace.

 

Quand le poisson est guéri :

Après avoir remis le poisson dans l’aquarium principal. Mettre l’aquarium-hôpital hors fonction, la nettoyer à l’eau chaude ainsi que tout le matériel ayant été en contact avec celle-ci.


L’aquarium de quarantaine :

Suite à l’achat de poissons, on peut utiliser l’aquarium-hôpital pour la quarantaine. Il peut se passer plusieurs jours avant qu’un poisson malade présente des symptômes. En gardant les poissons nouvellement achetés 2 semaines en quarantaine, on évitera de contaminer les poissons de l’aquarium principal. Mieux valent quelques semaines de patience! L’installation se fait de la même façon que pour l’aquarium-hôpital sauf que l’on n’ajoute pas de médication. Pour l’entretien de l’aquarium, il se résume à aspirer les restes de nourriture et excréments tous les jours lorsque l’on procède au changement d’eau (voir plus haut).


L’isoloir :

Il arrive parfois qu’on doive isoler un poisson pour des raisons autres que la maladie ou la quarantaine. À ce moment, on utilise l’isoloir qui s’installe à l’intérieur de l’aquarium. Par la présence d’un treillis en plastique (moustiquaire) il laisse passer l’eau de l’aquarium principal. De ce fait, les paramètres de l’eau restent inchangés et stables. De plus, il ne nécessite par d’entretient supplémentaire et est moins coûteux que l’installation d’un aquarium-hôpital/de quarantaine. Il est utile dans les cas de maternité, de poissons stressés, agressés, et permet une guérison plus rapide/facile des blessures mineures. Par exemple, dans le cas des tropeus, il s’avère très utile.

Lorsqu'un souffre-douleur est trop souvent agressé par les autres membres du groupe, il vaut mieux l'isoler. Puisque l’isoloir est installé dans l’aquarium, le poisson peut récupérer tout en continuant de faire partie du groupe. Cela évite son rejet systématique lors de sa réintroduction dans l’aquarium principal. Par contre, dû aux risques élevés de contamination, l’isoloir ne peut pas servir dans le cas d’infections.


Références :

Boyd Kevin W.; 1993; The Complete Aquarium Problem Solver; TetraPress; p.1-100.

Qui est Christian Drouin ?
Christian Drouin est un collaborateur spécial de Québec Cichlidés

En plus d'être un aquariophile depuis plus de 15 ans, ce dernier est détenteur d'un DEC en chimie-biologie puis d'un Baccalauréat en biotechnologie. Il a principalement travaillé en biologie moléculaire, en immunologie et virologie. Pour le rejoindre par courriel, cliquez-ici

 

 

 

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