Bonjour
aquariophiles,
Étant
un fervent participant au défi de l’éleveur,
j’ai réalisé la reproduction de nombreuses espèces
à ce jour en excluant les variantes géographiques.
Passionné principalement par les cichlidés des grands
lacs d’Afrique, je me gardais souvent de me procurer des variantes
géographiques par crainte de ne pas obtenir de certification
á cette fin. Pourtant, certaines d’entre-elles me semblais
si différentes autant par leur coloration que par leur comportement,
leur taille, leur mœurs etc…Afin d’obtenir des
éclaircissements, j’ai effectué certaines recherches
à ce sujet dans le but de faire reconnaître ces variantes
auprès de la société.
Mais,
qu’est-ce qu’une variante géographique et comment
se fait-il qu’il en existe dans la nature?
Pour répondre à cette question, j’utiliserai
à titre d’exemple, le cas particulier du lac Malawi
dans lequel des centaines d’espèces différentes
de cichlidés sont actuellement connues et de nouvelles se
découvrent régulièrement lors d’explorations.
Les
rives de ce lac sont généralement composées
de plages sablonneuses et herbeuses entre coupées de zones
rocheuses. Les cichlidés habitants ces zones tiennent tellement
à leur territoire qu’ils s’en éloignent
rarement; Ils sont donc isolés dans leur niche écologique,
sans interférence et évoluent de façon différente
dans chaque milieu. Ainsi, l’adaptation de l’espèce
dans un milieu différent peut conduire à une nette
distinction par rapport à l’espèce originelle.
Alors,
comment se fait-il qu’une espèce ait pu se déplacer
de sa niche?
Il
a été démontré qu’il y a 25000
ans, le niveau de ce lac était à environ 400 mètres
plus bas qu’on le retrouve aujourd’hui. Au fils des
années, avec la levée du niveau d’eau, des côtes
rocheuses ont été englouties et des massifs rocheux
en bordure du lac ont été submergées créant
ainsi un nouvel environnement. Les espèces ont dû abandonner
leur niche et se rétablir plus près des rives. Il
est à noter que la plupart de ces cichlidés vivent
à moins de trente mètres de profondeur dans ce lac.
Ainsi,
ces différentes populations, séparées depuis
des millénaires, se sont développées au point
de devenir de nouvelles espèces distinctes et ce, à
l’intérieur même de ce lac.
Ces
variantes sont donc le fruit d’une longue évolution
naturelle et n’ont rien à voir avec les variétés
de forme et de couleurs de certaines espèces comme le guppy
qui ont été générés par hybridation,
sélection, manipulation par l’entremise de l’être
humain. D’ailleurs, on ne retrouve jamais à l’état
sauvage, un guppy à queue de voile ou à queue d’épée.
Par
ailleurs, en consultant les règlements d’autres sociétés
d’aquariophilie, il s’avère que plusieurs d’entre-elles
accordent une certification à ces variantes.
Finalement,
j’ai soumis ce cas auprès des messieurs Jacques Leroux
et David Trescak afin qu’ils puissent faire accepter ce principe
auprès des membres du CA. Le conseil a répondu favorablement
et ces variantes pourront être reconnues. Par l’entremise,
je profite de l’occasion pour les remercier et souligner l’énergie
et l’intérêt dont ils font preuve à l’égard
de notre société.
Il
est à noter que pour obtenir une qualification de variante
géographique, l’éleveur devra fournir au responsable
du défi de l’éleveur, une référence
précise pour approbation.
Mise
en garde
En
captivité, plusieurs espèces peuvent se croiser et
produire des alevins en santé avec des caractères
intermédiaires; il faut absolument sacrifier ces alevins
car cela court circuite des milliers d’années d’évolution
en plus de créer la confusion. Donc, une attention particulière
doit être portée à l’égard d’espèces
apparentées placées dans un bac communautaire comme
les Aulonocaras. Si l’on désire en faire l’élevage,
il est souhaitable de placer ces espèces dans des bacs spécifiques
ou de les mettre en communauté avec d’autres espèces
non apparentées.
Les photos suivantes exhibent deux variantes géographiques
d’aulonocara stuartgranti.
................
Aul.
stuartgranti maulana bi-color 500 .....Aul.
Stuartgranti Ngara flametail.
Pierre
Henrichon